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Actualité Economique – Point sur la situation en Grèce

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Actualité Economique – Point sur la situation en Grèce

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 « Point sur la situation en Grèce » par Chaguir Mandjee, Haas Gestion

« Grèce –  Point sur l’organisation du referendum du 5 juillet : Rupture avec les créanciers du pays ou application du plan de redressement ? »

La décision de TSIPRAS de provoquer un referendum apparait plus comme un calcul politique que comme un acte démocratique. En effet, par rapport à ses promesses de campagne et aux négociations en cours, TSIPRAS est en train de perdre le support de son aile gauche. Afin de satisfaire cette aile gauche, il réclame toujours une restructuration de la dette. En fait, TSIPRAS est confronté au mur de la réalité. Par ailleurs, les retraits massifs des banques sont déjà un désaveu de la part du peuple grec.

Calendrier :

Demain, mardi 30 juin, la Grèce ne pourra pas honorer son échéance de 1,6 milliards d’euros auprès du FMI. Je pense que cette situation ne sera pas considérée comme un défaut de paiement afin de permettre à la BCE de soutenir les banques grecques jusqu’au referendum. Durant cette semaine, les marchés resteront donc très volatils, et ce, au grès des sondages. En effet, si les sondages montrent que les Grecs restent très attachés à l’euro ou, à l’inverse, s’ils s’orientent en faveur du  »Non », nous pourrions assister à des revirements de dernière minute.

Les sondages donnent pour le moment une large victoire du  »Oui » avec 15% d’avance. Le résultat du referendum sera très important pour la suite des évènements.

Si le  »Oui » l’emporte, immédiatement l’aversion au risque baissera sensiblement sur les marchés, cela signifiera l’adhésion du peuple grec à la zone euro, et donc très probablement dans la foulée la démission de Mr Tsipras. En effet, une victoire du  »Oui » se traduirait par un désaveu pour le gouvernement et pourrait impliquer de nouvelles élections et la constitution d’un nouveau gouvernement. Ce processus prendra du temps mais les créanciers soutiendront temporairement la Grèce durant cette période.

Si le  »Non » l’emporte, le choix des Grecs sera clair aux yeux des européens, très rapidement la BCE va stopper l’ELA, et sans liquidité le système bancaire sera en cessation de paiement. La paralysie de l’économie grecque va contraindre la Grèce à créer une nouvelle monnaie et sortir de la zone euro. Ce scénario impliquera une grande volatilité des marchés.

La courroie de transmission sur l’économie réelle de la zone euro :

Si le GREXIT se réalise il faudra tout d’abord intégrer une prime de risque (correspondant à une possibilité de sortie de la zone euro) sur l’ensemble des dettes souveraines de la zone. De plus, une pression à la hausse sur les taux périphériques, Portugal, Espagne, Italie se fera sentir. La BCE va limiter au maximum cette hausse, car il est évident qu’en cas de forte hausse des taux nominaux et surtout des taux d’intérêts réels, la reprise de la croissance dans ces pays risque d’être affectée.

Deuxième élément : en cas de GREXIT, l’activisme de la BCE et les sorties de capitaux liées à la défiance sur l’euro va amener une dépréciation de l’euro vis-à-vis de toutes les monnaies et en particulier du dollar US. Ce dernier point est un élément favorable pour les résultats des entreprises de la zone euro.

Troisième élément : en cas de GREXIT et d’incertitude sur plusieurs mois, la confiance des industriels et des ménages risque d’être affectée. N’oublions pas que l’essentiel de la reprise économique dans la zone euro repose sur la demande domestique et la confiance des ménages.

 

Document non contractuel, achevé le 29/06/2015.

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